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«UN CHEMIN, UN RECIT» PAR BORIS RYBAK




Boris Rybak


Boris Rybak retrace dans ce texte son cheminement biographique et intellectuel.



C'est ce que l'on nomme sans doute la vocation. Je passe aux faits.

Cela a commencé par l'ambiance artistique de la famille, profondément assimilée par le cadet, avec beaucoup de musique (chant, piano) et surtout l'atelier de joaillier de mon père où j'ai appris le rôle capital de l'esprit de la main créatrice de beau, que le piano me donnait parallèlement. Excellente propédeutique pour la technicité d'un expérimentateur et pour tomber amoureux de la minutie, de la précision, de la clarté, de la souriante rigueur. Puis le paradis de l'enfance est soumis à de rudes épreuves : la ruine dans la crise économique de 1929, ma sante défaillante puis rétablie, et on me voyait de nouveau comme concertiste (Conservatoire russe de Paris ), mais - oh ces mais! - par trop de santé, si on peut dire, cent mètres, basket, varappe, études conduisent à un surmenage sub-léthal dont je sors, guéri, comme se rétablit aussi notre économie, tant mes parents étaient merveilleux parents, temps regagné, mais ! très vite c'est la guerre ...

Je me fais chimiste à la Faculté de Rennes (Orchestre national, petit cercle d'Ingelbrecht ; jazz au «Tip-Top»). Vient l'invasion et, auprès de Ménard, actes résistants, freinants, et, en même temps le poète de quelques ans trouve «La main à plume» (toujours la main) par Jean-Francois Chabrun, frère donné par la culture. Alors se produit un fait notoire : à l'époque les étudiants en sciences dures avaient un canular d'affectation snob qui consistait à sourire des étudiants en sciences naturelles. Un matin, un camarade m'invite à un cours avant d'aller déjeuner. C'était un cours de Botanique ! je me place tout en haut de l'amphithéâtre et ouvre un livre de physique. Le professeur entre, nous nous levons pour le saluer, puis la leçon commence. Je me mets dans mon livre. A un moment j'entends : «... un flux lumineux ...» Tiens ! ce doit être quelque chose sur la photosynthèse ... et je me replonge dans mon livre.

Quand tout à coup j'entends «... dans le proche ultra-violet ...». Ah ça ! J'écoute attentivement le cours : il s'agissait des rayons mitogénétiques, qui, selon certains, provoquaient la division cellulaire dans un système vivant. Formidable ! Le cours terminé on applaudit, je me précipite vers la chaire et dis : «Monsieur le professeur, je vous prie de m' excuser, je ne suis pas du tout de vos étudiants, je suis venu accompagner un camarade, et ce que vous avez dit sur les rayons mitogénétiques me passionne». «Cela vous intéresse ... Eh bien venez dans mon bureau et je vous montrerai des tirages à part». Et c'est ainsi que j'ai reçu le virus de la Biologie de ce grand universitaire qui a joue un rôle déterminant dans mon orientation professionnelle, le Professeur Lenoir.

Je passe sur les arrestations auxquelles j'échappe … mais il me faut gagner Grenoble libre ! J'y poursuis mes études en mathématiques (Pr René Gosse, ce héros) et en physique (Pr Fortrat) et, tout près (Monestier) je retrouve Jean-Francois Chabrun ! ... J'envoie à la censure un poème provocateur, d'où les gendarmes qui, merveilleux, me «préviennent» - et il me faut gagner un espace encore-plus-libre : c'est Crémieu chez Chabrun où nous nous rejoignons […] nous repartons, ce qui m'amènera à retourner à Paris, le plus grand maquis de France après Millevaches et Le Vercors. J'y vis quelque temps chez les Chabrun et je travaille au laboratoire de Marcel Prenant à la Sorbonne, évidemment dans l'objectif des rayons mitogénétiques, ce qui suscitait avant tout des recherches bibliographiques et une solide formation en Cytologie Histologie - haut lieu pour cela. Un jour, Prenant me signale deux choses : les dangers de l'heure, et il m'indique un mitogéniste fervent, Joseph Magrou, de l'Institut Pasteur de Paris. Je prends concrètement un nom de guerre, je suis reçu par Magrou dans son laboratoire de Phytopathologie où il travaille sur le cancer des plantes. Rencontre très encourageante, que nous renouvelons à son invite ; je prends contact avec Tréfouël, Directeur de «Pasteur». Soudain, Marcel Prenant est arrêté par les nazis ! sans que Magrou ait eu connaissance de cela, il me propose de venir oeuvrer dans son laboratoire. J'accepte évidemment. Ce biologiste croyait à l'existence des rayons mitogénétiques et, comme j'en ai eu connaissance, il croyait à la production d'anticorps (agglutinines particulièrement) chez les plantes atteintes de maladies microbiennes ce qui était le cas, décrit par Carlo Arnaudi, de la résistance à la surinfection d'un Geranium par exemple lorsqu'il était porteur d'une tumeur cancéreuse, l'agent bactérien en question étant le tumefaciens de Smith et Townsend. A mon sens, si le tumefaciens était cancérigène parce qu'il était un émetteur de rayons mitogénétiques cela devait relever d'une analyse physique à l'aide de capteurs. J'en parle au Professeur Audubert de l'Institut de Chimie de Paris et il m'engage spontanément à faire des expériences chez lui avec ses compte-photons sensibles à 10 quanta/s/cm2. Le résultat a été, avec tous les contrôles et témoins multiples nécessaires, qu'on ne pouvait pas déceler de façon univoque les rayonnements cherchés. Plus tard, l'hypothèse des rayons mitogénétiques de Gurwitsch a été abandonnée. Dans l'existentiel, je continue à baptiser de noms de guerre ceux qui en avaient besoin, viennent les combats de la Libération et, rue de Grenelle, au Ministère de l'Education, je retrouve dans la cour, mon professeur de thermodynamique de Rennes, Le Rolland, dont je deviens le Chargé de mission jusqu'à ma mobilisation dans les «Munitions» - comme j'étais chimiste - avec missions de déminage … Après quoi je suis admis au CNRS.

Je m'interroge sur la phytocancérisation obtenue, en Roumanie, par l'antigène dit somatique du tumefaciens. J'apprends à l'extraire avec André Boivin, qui disait que c'était l'agent, en même temps qu'il me fait pénétrer les techniques immunologiques et sérologiques. Avec Armin C.Braun - celui qui a démontré que le cancer des Plantes est vraiment un cancer - qui s'était présenté chez Magrou en uniforme de l' armée américaine, nous instillons des tiges d'Helianthus avec l'antigène somatique de tumefaciens, sans succès, et ce n'est que bien des années après que le facteur d'induction cancéreuse, plasmide de la bactérie, sera découvert par plusieurs. Je m'attache tout particulièrement alors au problème de l'immunité acquise dans le cancer de Plantes, dépourvues, et de très loin, de système réticulo -endothélial (producteur d'anticorps chez les Mammifères notamment) et il me paraissait peu probable qu'ici les mécanismes soient liés à une réaction antigène-anticorps. De fait, mes micro-analyses chimiques n'ont pas permis d'en mettre en évidence. Il fallait chercher ailleurs pour rendre compte des agglutinations du tumefaciens par des sucs végétaux :
  1. l'agglutination pouvait être due à des tanins, cependant ces substances agglutinent toutes les bactéries, donc non spécifiques.
  2. le grand microbiologiste - d'Herelle - celui qui a découvert les bactériophages - avait parlé avec Peyre de formes filtrantes de tumefaciens infectés par un phage, mais cela avait été contesté ; alors
  3. N'était-ce pas qu'une forme phagique élémentaire en petites quantités pouvait se trouver dans certaines souches de tumefaciens ? Un microscope électronique se trouvait dans le Service de Pierre Lépine et, à ma demande, nous l'avons utilisé ensemble avec les formes filamenteuses (obtenues en présence du grand banquier d'énergie qu'est l'ATP : adénosine triphosphate) et nous avons effectivement mis en évidence des phages - C.R.Ac.Sc. & Ann.I.Pasteur 1948 : mes 25 ans ! Utilisant une souche bactérienne différente, André Lwoff annonce deux ans après, sans nous citer (Ann.I.P), la découverte du «prophage», qui deviendra fameux. Entre temps j'avais continué mes recherches sur l'immunité à la surinfection tumefaciens, ce qui aboutit à démontrer que cette immunité acquise résulte d'une insuffisance métabolique des parties saines de la tige porteuse d'une tumeur prédatrice (une terre brûlée en somme).
D'autre part - et non pas par ailleurs - l'idéation par analyse-synthèse-analyse-synthèse-etc. m'a amené, dès 1946, à comparer, en chimiste, la division cellulaire anarchique (cancer) avec la division cellulaire hiérarchique (embryologie), et j'avais divisé mon année en deux périodes : l'anarchique pendant le temps ouvrable et le hiérarchique l'été (les vacances), c'est-à-dire à la Station de Biologie marine de Roscoff, autre haut lieu, où les Oursins constituaient un matériel embryologique de qualité que l'Ecole suédoise certifiait par ses succès de grande classe (John Runnstrom...). Or, embryologie signifie, en premier lieu, fécondation et, ici, la fertilisine - une substance, ainsi nommée par Franck Lillie (1912), dont les effets sur les spermatozoïdes iso-spécifiques, sont l'agglutination spontanément réversible et l'activation flagellaire, ce qui avait été en partie vu, dès 1847, à Marseille par Derbes (C.R.Ac.Sc.). Richard Kuhn, Hartmann et Wallenfels (1939) avaient assigné à la fertilisine une structure macromoléculaire très complexe dotée d'un colorant. En 1947 je l'extrais à l'état pur non complexe, incolore (C.R.Ac.Sc.) et, en 1950, lors d'une mission à Naples, je confirme mon résultat sur le matériel de Kuhn et Hartmann que les belles analyses chimiques d'Erik Vasseur en Suède préciseront en partant de la gangue ovulaire, source de la fertilisine. A Naples, je retrouve aussi mon ami Tryggve Gustafson, connu à Roscoff, et nous examinons de concert les problèmes du prélèvement et de l'évolution des gamètes prélevés pour un protocole expérimental continu de durée horaire, ce, à l'aide d'une technique originale de dosage de la catalase : en découlent des règles de prudence, a conséquences rétroactives pour certains ... (Arkiv for Zoology 1952). De retour, aléas. Grassé me recommande d'aller terminer ma Thèse à la Station de Banyuls (avec son puis notre ami Georges Petit). Puis Runnstrom m'accueille comme boursier Wenner-Gren à Stockholm, ou, avec Tryggve, j'établis une technique non-traumatique d'obtention massive d'embryons de Xenope tous au même stade évolutif. De retour au pays où nul n'est prophète, j'écris ma Thèse à Banyuls et Nancy et la passe en Sorbonne, mes parents étant présents.

Je me lance à l'assaut des mécanismes de l'automatisme de structures contractiles, passant du flagelle spermatique, muscle extra-somatique d'allure lisse, au cœur, organe franc et délivrant un signal révélateur de son état fonctionnel, l'électrocardiogramme.

Donc le cœur. Or le cœur est un organe cavitaire, i-e de transit matériel - celui du sang - et, à l'époque, on ne connaissait scientifiquement rien sur sa physiologie interne qui, pourtant, est spécifique. C'est ainsi qu'en 1955 j'ai été amené à créer la technique des cœurs ouverts en commençant par l'oreillette du Scyllium (la Roussette). Nous allons voir que tout, je dis bien tout = tout l'avenir pour aboutir à la solution du problème du mécanisme de l'automatisme cardiaque va reposer sur l'obligation opératoire de cette première expérience : une fois séparée du ventricule, l'oreillette est placée sur un bloc de paraffine et ouverte par le milieu et, pour voir l'intérieur, comme on le fait en dissection d'un organe inerte, maintenue étale à l'aide d'épingles (pour ne pas avoir d'interférences physico-chimiques et comme je travaillais à Banyuls, j'ai remplacé les épingles de couture par des épines de cactus bien nettoyées) : recouverte d'une solution physiologique adaptée, l'oreillette se contractait régulièrement à la température du laboratoire pendant des heures et je pouvais expérimenter différentes molécules, sauf si je retirais les épines, ce qui arrêtait les battements, lesquels reprenaient dès que ces épines étaient remises en place. Evidemment cette expérience était répétée plusieurs fois, en remplaçant les épines par des épingles ou des petites pointes de verre, n'importe quel verre. Je venais de découvrir la catalyse mécanique comme je l'ai nommée, c'est-à-dire le rôle capital de la tension mécanique sur les battements du cœur, de tout le cœur comme évidemment je le vérifiais, et de tout cœur de Vertébré.

A partir de là, il m'a fallu 17 ans de recherche concentriques et collatérales pour mettre en évidence les mécanismes biochimiques de la catalyse mécanique : jusqu'alors la diastole était considérée comme une phase de repos ; or, c'est à ce moment qu'il y a le remplissage sanguin, lequel correspond à l'extension des fibres cardiaques qui impulse le déclenchement de la systole suivante par l’AMP cyclique (encore un dérivé de l'adénine) ; ma première note fut publiée en mai 1973 (Proc.Can.Fed.Biol.). Nous sommes en 1959. Mes travaux sur la physiologie endocavitaire directe s'étaient étendus aux fonctions valvulaires, à l'automatisme des fragments cardiaques (chirurgie analytique notamment à Kristineberg avec cet extraordinaire cœur branchial des Myxines - fossiles vivants - dont tout fragment quelconque est autonome en livrant un électrogramme avec ondes R et T…), puis, surtout l'électrocardiographie trans-septale et transpariétale chez les petits Mammifères, qui était inconnue. La recherche était en pleine ébullition. On rêvait d'aller sur la Lune et j'avais une question : comment y secourir l'astronaute s'il est malade ? Je me mets à fabriquer un robot à clavier directeur et radio-commande, et c'est ainsi le départ de la télémédecine et de la chirurgie robotique en l'expérimentant d'abord sur le cœur (C.R.Soc.Biol. 1959,153).

Ce n'est qu'en 1998 ! que l'opération a été mondialement télévisée par la belle intervention lourde d'Alain Carpentier, un ami du temps du Pr Dubost à Broussais ; j'y venais travailler avec d'autres de mes enfants : mes capteurs cathétérisables, instruments miniatures du fils du joaillier, permettant la mesure en continu de paramètres physico-chimiques du sang : oxygène, gaz carbonique, acidite-alcalinite (plus tard j'ai donné naissance à un mini-photomètre absolu pour mesurer l'oxygénation hémoglobine). Au laboratoire, ces capteurs ont révélé et télérévélé des réflexes végétatifs, comme l'apnée; ils ont notamment servi, quand j'ai été invité par Britton Chance à Philadelphie, comme contrôles lorsque nous avons mis en évidence, par le spectro-fluoro-réflectometre de Britton, le premier réflexe moléculaire intra-cellulaire, au niveau du co-enzyme I (qui agit dans la chaîne respiratoire) lors d'un réflexe général d'apnée (Life Sc. 1970), ce, dans différents organes comme le rein, le foie, le cœur - grâce à la technique de thoracotomie gauche chez le Lapin que j'avais initiée (Proc.Can.Fed.Biol. 1967) et qui permet pour la première fois de travailler sur un cœur intact de Mammifère en place sans assistance ventilatoire ni circulatoire.

Or les petits animaux homéothermes présentent, au repos même, des rythmes ventilation-perfusion à fréquence élevée et pour les mesures en continu, on ne disposait pas de spiromètres rapides. D'où, au lieu de mesurer en physicien des volumes, j'ai pensé, pour la ventilation, à utiliser en biophysicien comme paramètre sensible l'humidité de l'air expiré. Il s'est trouvé que ce capteur a un temps de réponse dans le domaine des millisecondes, ce qui convenait pour l'usage recherché, d'autant mieux que, simultanément, mon capteur à oxygène, cathétérisé en n'importe quel point vasculaire à contrôler, fournissait de façon complémentaire l'état du sujet en cours d'observation. Cette métrique nouvelle de ventilation a autorisé des contrôles rigoureux de l'état d'oxygénation du cerveau pendant des travaux que je faisais au niveau cérébral lors d'un réflexe d'apnée.

Toute cette Métrologie allait dans le sens que je m'étais efforcé de promouvoir, c'est-à-dire, une Physiologie à minimum d'interférence (Trans.N.Y.Ac.Sc. 1971).

Or, comme le grand thème du cancer des Plantes m'a conduit naturellement au grand thème de l'Embryologie pour des raisons de comparaison cellules anarchiques - cellules hiérarchiques, et comme le grand thème de la mobilité spermatique m'a conduit aussi naturellement au grand thème de la cardiologie (motilité cardiaque), cette fois-ci, la ventilation végétative me conduit, encore naturellement, à la ventilation motrice.

Ce sont les performances exceptionnelles d'un instrument - donc la technique, et en l'occurrence, en tête, mon capteur ventilatoire, qui en ont décidé.

Ventilation motrice signifie voix, parole, qui sont des gestuelles.

Précisément, le temps de réponse de ce capteur est expérimentalement celui d'un microphone, ce qui est tout-à-fait unique. Cette iso-synchronie introduit l'aéro-acoustique métrique c’est-à-dire de haute résolution. Phonétiquement considéré, ce capteur fonde la phonétique analogique ventilatoire, le capteur microphonique représentant la phonétique analogique énergétique. C’est pourquoi j’ai nommé ce capteur par le signe «VAP» rappelant la vapeur d’eau et sa désignation en anglais.

En l'utilisant j'ai pu démutiser de jeunes sourds-muets, aider à la réhabilitation parolière post-opératoire, ce, par lecture du patient devant un tracé moniteur qu'il doit lui-même reproduire. Des applications concernent aussi les chanteurs, les orateurs, le secourisme, y compris pour des randonneurs accidentés, par radio transmissions - la parole indiquant un état moins préoccupant que le seul souffle, etc.

Au plan scientifique des phénomènes fondamentaux, il a permis de découvrir le code lingual : lorsque la langue est coupée, le sujet ne peut plus parler ce qui montre le rôle capital de la langue dans la réalisation de la parole. Mon étude a d'abord porté sur le souffle à l'ONERA (Pr Taillet / Nomarski) où, par une technique qui permet de visualiser les turbulences aériennes, j'ai pu trouver que chaque son linguistique (chaque phon, comme je dis) présente une morphologie spécifique d'ensemble quoique constitué de turbulences qui sont moulées en bordure globale d'où d'ailleurs mon énonciation du concept d’ordre chaotique, généralisable, par exemple, à toute société (C.R.Ac.Sc. 1987). Par échographie transverse 3D, j'ai pu montrer qu'au cours d'un prononcé - comme résultat des mouvements de haut en bas et inverse qui sont contemporains de mouvements latéraux d'extension et de contraction - il se forme notamment dans la partie dorsale de la langue des canaux semi-ouverts de morphologie spécifique pour chaque phon; dans ces canaux transitoires, l'air pharyngien est codé de deux façons : un moulage (cf. les turbulences ventilatoires ordonnées) plus un codage en gradient de pression selon que l'on parle fort ou bas, soit un codage global morpho-aérodynamique constituant la voix résultante au niveau du tympan et / ou du microphone (cf. particulièrement, Cahiers d’Anthropologie & Biométrie humaine,1996, XIV, 219).

Le code lingual est le seul code propre à l'Homme, qui s'ajoute au code génétique. C'est le Verbe.


Boris Rybak